11/01/2006
En Aveyron on compte environ 1600 moulins dont la majorité n'utilise
pas actuellement l'énergie hydraulique.
Une des raisons à cela est la complexité des différents
facteurs entrant en jeu, fiscalité, droits d'eau, problèmes hydrauliques,
mécaniques, électriques, raccordement EDF, ...
Il est à croire que l'énergie fossile d'aujourd'hui n'est pas
encore assez couteuse pour permettre à celle produite par les moulins
d'être considérée et valorisée.
Pourtant sans pollution ni déchets à gérer à cours
comme à long terme.
Pour ma part, dans les années 85 après une période de chômage et grâce à ma nouvelle activité d'artisan en mécanique et usinage, dont les propriétaires avaient grand besoin, et qui m'a valu beaucoup de considération de leur part, j'ai été éveillé au charme des moulins et microcentrales (ce dernier mot ne me plaît guère) .
Passionné, je me suis aperçu que la logique mécanique et électrique était la même que dans beaucoup d'autres domaines industriels.
Après une réflexion familiale, en 90, nous avons acheté un vieux site à l'abandon, à Monteils, 10 km en aval de Villefranche (de Rouergue), fondé en titre et équipé d'une vieille turbine Francis installée dans les années 1925 et produisant pendant des années du courant continu en 110 V pour le couvent de Dominicaines qui en était alors propriétaire. Celui-ci a été totalement abandonné en 74.
Les murs et la toiture étaient corrects. Nous nous sommes pris par la
main et avons reconstruit le reste, réhabilité l'ancienne turbine
qui était envasée depuis des décennies (mais la fonte se
conserve très bien dans la vase).
Après une multitude de péripéties et quelques années,
nous sommes arrivés à produire un peu. Sans crédit bancaire
et avec des matériaux de récupération.

Le deuxième circuit d'eau fut équipé d'une petite Kaplan
et à ce jour les machines produisent de quoi éclairer un petit
village.
15 ans après, nous sommes revenus à la case départ avec
un autre moulin datant d'avant la Révolution, auquel personne ne prêtait
attention, mais qui nous attendait comme un blessé à secourir.
C'était il y a trois ans.
Grâce au Réveil des Moulins, nous avons trouvé dans le Doubs
la turbine Francis adéquate. Maintenant tout est en état de fonctionner,
mais dépend de la bonne volonté administrative.
Il y a quelque temps, j'ai visité l'usine de Montézic, équipée
de pompes qui aspirent dans la Truyère pour remplir un lac et produisent
en cas de besoin électrique.
J'ai demandé au guide ce que devenait le poisson dans ce double circuit
d'eau. Il m'a répondu: "Monsieur, sachez que le poisson est comme
l'homme, lorsqu'il est en bonne santé, il connaît le danger !"
Ces installations de gros débit sont munies de filtrage à gros
pas. L'entreprise est nationalisée, le poisson aussi, et nous bientôt?
Nos installations, si petites soient elles, méritent considération, de même qu'il n'y a pas de "petites économies" mais des économies tout court. Il est déplorable que devant le constat mondial du réchauffement climatique, le France en particulier n'encourage pas davantage les développement énergétique propres, alors que la situation géographique de nos régions permettrait un réaménagement des sites abandonnés, au lieu de laisser partir à l'étranger les industriels et leurs technologies de pointes, lassés par les contraintes administratives.
