IIl appartenait à la famille de Madame PRESUMEY, depuis l’époque féodale. Dans une boucle superbe de la jeune Loire, à quelques kilomètres du mont Gerbier de Jonc, à la sortie des gorges de Serre de la Far, là où aujourd'hui les poissons passent de la première à la deuxième catégorie sans s'en apercevoir, près du vieux pont du XIe siècle dont il ne reste que les piles bien cachées par la végétation. |
La boucle de Loire. Le barrage est la ligne verte au fond à droite, avant le banc de galets |
Ses ancêtres avaient creusé et bâti son bief, qui
longeait sur 1200 mètres la roche abrupte de la gorge, ici au sommet
d'un mur de grosses pierres, là traversant le rocher dans un tunnel,
Un roudet entraînait deux meules roulantes, qui faisait aussi bien l'orge perlée que le jus de pomme ou l'huile de noix. |
Le bief qui traverse le rocher |
En 1998, lorsque madame Presumey en a hérité, le domaine était resté quasiment abandonné depuis la grande crue de 1980, où un mur d'eau de 7 mètres de haut avait tout balayé. La plus forte crue depuis celle de Vendémiaire an II. Le docteur Presumey, bien que fort occupé par son métier de médecin de campagne, fut rapidement passionné par le projet de restaurer le moulin ainsi que l'ensemble de la propriété. Voulant faire les choses dans les règles, il commença par réunir les documents prouvant que le moulin était fondé en titre, et avertir le préfet de son intention.
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Le moulin |
La réponse préfectorale fut tout aussi classique qu'illégale:
elle prétendait que le droit fondé en titre s'était
éteint. Il s'ensuivit un échange de correspondances, pour
lequel le docteur fit rapidement appel au syndicat. « S'il
n'y avait pas eu l'aide de Gérard Dupuis, je crois que je me serais
découragé », dit-il. |
Le nouveau roudet. |
Avec beaucoup d'énergie, et aussi une grosse pelleteuse et quelques copains, il commença à rétablir le lit majeur sur sa propriété qui longe la rivière, refaire le chemin qui longe le canal, réparer les gros murs de pierres sèches, jointoyées à la glaise, à renforcer la prise d'eau, à enlever les éboulis qui obstruaient le bief, ... et l'eau recommença à couler .
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La meule et les engrenages |
Roudet et turbine sont alimentées par deux conduites séparées et peuvent fonctionner indépendamment. L'administration avait reconnu la pérennité des droits fondés en titre, mais un nouvel arrêté préfectoral venait imposer de nouvelles contraintes, au mépris de la loi du 26 octobre 1919: le barrage était trop haut, le débit du bief devait être limité, etc...
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Le barrage |
Lorsqu'on voit la dimension du canal et son débit, insignifiant comparé à celui de la Loire, on peut effectivement se poser des questions. Considérant que l'arrêté préfectoral modifiait illégalement les droits fondés en titre , le docteur porta le différend devant le tribunal administratif, s'appuyant sur la loi sur l'eau du 3 janvier 1992 et l’article L 215-10 du code de l’environnement... l'affaire est en cours. SSur le chemin passent les touristes qui viennent admirer le site et le canal. Bientôt le roudet pourra entraîner les vieilles meules et les machines. |
Le chemin, les grosses pierres de la digue et les fuites d'eau... |
| Il ne manque que quelques pièces, et il faut encore refaire les alluchons (les dents de bois des engrenages). Il y a encore pas mal de digues à consolider et à rétablir à son niveau légal mais une passe à poissons rustique en rive gauche, permet la remontée des migrateurs.. La turbine attend de pouvoir entraîner quelque chose qui pourra chauffer la maison. De ce côté là il y a encore beaucoup de travail, mais le docteur voudrait aussi restaurer la pile du vieux pont qui menace de s'écrouler. Il ne risque pas de s'ennuyer. |
Les piles du pont du XIe |
Avec l'aimable autorisation de M. et Mme le docteur Presumey. - Août 2004